Historique

La station d’Adrar est crée depuis l’époque coloniale, plus précisément en 1951 en vue de prendre en charge les travaux d’aménagement et de l’irrigation. En 1953 c’est la date de l’installation d’un moteur éolien. C’est un parmi les trois exemplaires  existaient dans le monde. Ce moulin à vent est constitué d’une hélice à trois pales de 15 m de diamètres, et à pas variables, placé sur un pylône de 20 m de hauteur. Il développe une puissance de 25 cv sous un vent de 8 m/s.

Cette station était appelée centre d’étude d’irrigation d’Adrar, elle  avait pour but la mise en valeur rationnelle des sols salés (solontchks sodique) de la zone désertique avec des eaux de pompage plus au moins chargée.    

En 1955 commençaient les études agrobiologique proprement dites (plantation d’une palmeraies, cultures maraîchères et industrielles).

En 1968 elle est passée sous tutelle de l’institut national de la recherche agronomique  (INRAA).

En 1970 elle est revenue  officiellement  à de l’institut national de la recherche agronomique  (INRAA)  et ce par le décret N° 7045 du 02 Avril 1970.

Spécificités de la station de recherche d’Adrar

Les spécificités de la station découlent des spécificités de la région d’Adrar caractérisée par un certain nombre de paramètres liés aux conditions propres à cette région. Nous pouvons citer

La superficie de la wilaya d’Adrar dépasse 427,968 km², soit 17,97% du territoire national et elle s’entend sur la partie de l’extrême sud Algérien. La station expérimentale INRAA d’Adrar  est située à la périphérie de la communauté d’Ouled Aissa, à 3 km du chef lieu de la commune d’Ouled Ahmed Timmi et à 5 km de la ville d’Adrar chef lieu de la wilaya. Elle se reconnaît de loin par son moteur éolien particulier et ses boisements de Tamarix.

C’est le milieu de la zone potentiellement agricole. Elle représente donc la moyenne du point de vue conditions climatiques de la région d’Adrar; d’une part la partie sud (Zaouite Kounta, Reggane et Aoulef) légèrement chaude, d’autre part la partie Nord (Tsabit, Aougrout et Timimoun) légèrement froide.

Les coordonnées géographiques sont: Altitude: 278 m: 27° 49 N et Longitude: 00°11

La région d’Adrar est caractérisée par un climat désertique, hyperaride. Ceci est confirmé par l’indice d’Aridité de Martonne qui est très inférieur à 5. Cette aridité accentuée est due essentiellement à l’excès de l’évaporation par rapport aux précipitations.

La température est caractérisée par des amplitudes thermiques étendues aussi bien au cours de l’année qu’au cours du mois et de la journée. Le maximum absolu atteint les 49 °C en été et le minimum absolu peut descendre à – 3°C. L’effet du changement climatique sur les températures extrêmes est très visible. Ainsi les gelés sont devenues un événement rares mais peuvent être enregistrés voire causer des dégâts catastrophiques.

  • L’humidité relative est souvent inférieure à 50 %. La rosée est un événement très rare;
  • Le vent souffle presque en permanence, la direction dominante est Nord-Est;
  • La pluviométrie est négligeable. Elle ne peut en aucun cas, être considérée comme l’une des sources d’eau pour les végétaux;
  • Les conditions pédologiques indiquent que les sols sont moins fertiles ;
  • La profondeur du sol varie entre 30 et 60 cm, la texture est grossière, le taux de sable est généralement le plus pondérant. Il est pauvre en matière organique, en azote et phosphore, moyennement  riche en calcaire et potasse. 

La salinité des sols de la station est élevée, elle est variable horizontalement et verticalement. Cependant certains sols de la région sont caractérisés par une salinité secondaire maîtrisable.

Les Ressources en eau de la région sont aussi parmi les spécificités de la région car elles sont toutes presque d’une même provenance, c’est la nappe du continental intercalaire (CI), cette nappe à faible profondeur possède des exutoires naturels qui sont les foggaras. Les foggaras offrent un caractère spécifique à la région.

La région se caractérise par leurs ressources phytogénétique et zootechnique spécifiques.  Un nombre assez élevé de variétés, de variétés population et des espèces sont spécifiques à la région. Nous citons presque de 400 cultivars de palmiers dattiers recensés,  les céréales, les légumes, les plantes médicinales et aromatiques ainsi que la race D’man, toutes ces ressources faitent partie du patrimoine génétique de la région.

Le système d’agriculture traditionnel, les oasis, les palmeraies et même l’organisation socioculturelle ont toutes des aspects propres à la région.

Les missions de la station

Trois missions prioritaires sont assignées à la station de recherche d’Adrar ;

  1. Soutien de la recherche par la mise en disponibilité des chercheurs ; les moyens humains, matériels et logistiques.
  2. Réalisation des recettes par les ventes de produits d’expérimentions et prestations de services.
  3. Joue le rôle de démonstration et vulgarisation pour les nouvelles techniques ou introduction de nouvelles espèces. 

Domaines de recherche

La vocation initiale assignée à cette station était la prise en charge des ressources génétiques du palmier dattier et les travaux sur la maladie du Bayoud. Cependant, avec la nouvelle  politique de développement  des régions sahariennes, la station est appelée à prendre en charge d’autres préoccupations entre autres les problèmes de la mise en valeur, de la céréaliculture, des productions animales, la maîtrise des itinéraires techniques et le problème de la salinité.

Ainsi deux domaines de recherche sont jugés prioritaires et sont  pris en charge par la station ce sont:

Domaine de Ressources  phytogénétiques et zootechniques

Ils s’intéressent à la préservation de la biodiversité de la région. Les travaux de recherche actuels visent surtout le recensement, caractérisation et conservation du  patrimoine des ressources phytogénétiques existantes dans la région, nous citons la phoeniciculture, la céréaliculture, les cultures fourragères, les plantes condimentaires, médicinales et aromatiques et les ressources zootechniques locales.

Vue l’effectif réduit des chercheurs existants sur place, les travaux en cours de réalisation appartiennent aux axes : 

  •  Zootechnie qui s’intéresse à la caractérisation et valorisation de la race D’man
  • Palmier dattier ; les travaux consistent à la caractérisation et amélioration d’une part et la lutte contre la maladie du bayoud et d’autres fléaux d’autres parts. 
  • Céréales et fourrage consiste à préserver et valoriser les ressources locales et introduire d’autres ressources plus performantes. 

Domaine du  milieu physique

Il s’intéresse surtout à l’étude de l’environnement des végétaux ; l’irrigation, la pédologie et l’agro climatologie.

Les travaux de recherche dans ce domaine consistent à préserver et valoriser les ressources en eau et en sol et améliorer les conditions agronomiques et environnementales des cultures. Il faut signaler que la station est en service de la recherche non seulement pour les chercheurs positionnés dans la station mais aussi elle est en service des autres chercheurs installés dans les autres divisions, étant donné qui ils travail sur les problématiques liées à la région. 

 La superficie de la station

La station s’étend actuellement  sur une superficie de 69 ha.  Une extension de 30 ha a été ajoutée au début des années 1990, elle est destinée à la création d’un champ de pieds mère de la variété takerboucht résistante au Bayoud. La superficie plantée à l’heure actuelle dépasse des 15 ha.

Moyens humains

Tableau 1  Moyens humains:
Grade/ FonctionNombreSpécialité
01Docteur (maître de recherche)01Hydraulique
02Docteur (maître de recherche)01Production animale
03Attaché de recherche01Protection des végétaux
04Attaché de recherche01Production végétale
05Chargé d’étude01Pédologie
06Ingénieur d’état02Agronomie saharienne
07Master en biologie01Biologie
08Techniciens supérieurs04 
09Technicien02 
10Ouvriers professionnels05 
11Autres11 

Malgré les efforts consentis par la direction générale pour renforcer la station en matière de moyens humains, l’effectif demeure encore très réduit et insuffisant pour pouvoir prendre en charge les diverses contraintes auxquelles est confronté le développement agricole de la région.

Sources en eau et ouvrages hydrauliques

  • Puits d’une profondeur de 16 m avec un débit de 10L/s.
  • Petit forage de 40 m avec un débit de 12 L/s .
  • Forage de 125 m  avec un débit de 35 L/s .
  • Bassin réservoir de 1360 mètres  cubes.
  • Bassin réservoir de 150 mètres cubes.
Autres
Zone d’impact de la station :

Vue l’absence d’autres stations de la recherche agronomique dans la région Sud-ouest de l’Algérie, la station de recherche d’Adrar doit couvrir toutes les régions phoenicicoles du sud ouest Algérien (Touat-Gourara-Tidikelt-Saoura).

Ce zonage est justifié d’une part par la présence de la maladie du bayoud dans ces régions et d’autre part par le fait que ces régions sont les lieux d’existence et d’élevage de la race D’man.